Le COMPAS Dynamique est utilisé depuis un an et demi (600 utilisateurs individuels et 2 adoptions institutionnelles) et plusieurs leçons peuvent être tirées à ce stade. L’une d’entre elles nous interpelle particulièrement : la demande de flexibilité de l’outil permettant sa simplification et son adaptabilité aux spécificités des opérateurs (voir article sur la GTZ-IS).
Nous réfléchissons donc à faire évoluer le COMPAS Dynamique vers quelque chose de nouveau et de plus flexible : un outil totalement paramétrable de gestion, de suivi et d’évaluation de projets humanitaires, sur les principes du cycle de projet et de l’assurance qualité. Ce programme serait suffisamment paramétrable pour que les ingrédients techniques (système de typage des projets) et méthodologiques (questions clefs, critères, phases, etc.) soient laissés à la discrétion de l’opérateur.
Cette évolution suppose bien entendu de nouveaux développements logiciels. Or le Groupe URD n’est pas une société de services informatiques. Il ne peut en supporter seul la charge. Se pose donc la question de la maintenance et du support technique sur le long terme.
Voilà pourquoi, pour poursuivre l’évolution et la diffusion du COMPAS Dynamique, nous envisageons aujourd’hui de nous tourner vers le modèle du logiciel libre. Un logiciel libre est un bien public, gratuit, développé et maintenu par une communauté structurée (direction multipartite, programmeurs, utilisateurs, etc.). Ce modèle de développement populaire dans d’autres secteurs (le navigateur web Mozilla Firefox est un logiciel libre ; Nokia base le système de ses téléphones sur de tels logiciels afin de réduire leurs charges de maintenance) a déjà fait ses premiers pas dans l’humanitaire. Le système « Sahana » de coordination de l’action humanitaire est l’exemple pionnier en la matière et son utilisation par le gouvernement du Bangladesh pour la coordination de l’aide lors des dernières inondations une preuve de sa maturité (www.sahana.lk).
‘Philosophiquement’, le logiciel libre semble particulièrement adapté au milieu humanitaire car, en mettant en contribution dans un même bien public les énergies collectives, il réduit le gaspillage de ses ressources limitées tout en oeuvrant pour l’intérêt général.
‘Pratiquement’, un certain nombre de pré-requis sont nécessaires … A l’heure de la parution de cette lettre d’information, nous menons une étude préliminaire sur les forces sur lesquelles nous pourrions nous appuyer pour décider de lancer ce projet. Nous fourmillons de questions !
Y’a-t-il réellement un intérêt potentiel envers cet outil ? Quelle forme de participation chaque type d’acteur humanitaire pourrait-il avoir ? Quel part de soutien financier est nécessaire, et quelles seraient ses échéances ? Y aurait-il des bailleurs pour soutenir le démarrage d’un tel projet ? Comment entretenir un groupe minimum de programmeurs ? Comment assurer la bonne coordination entre les retours de la communauté d’utilisateurs et celle des programmeurs ?
N’hésitez pas à nous faire part de vos réactions, vos idées, vos souhaits (et pourquoi pas sur ce blog ?)… nous les prendrons en compte dans l’étude de faisabilité qui devrait apporter des réponses à ces questions et nous permettre de faire évoluer ensemble le COMPAS Dynamique. |